2016-06-28

Bird Watch

J'habite à Delft, Pays-Bas, depuis octobre 2015. Et comme souvent aux Pays-Bas, la ville est parcourue par de nombreux canaux et autres plans d'eau. Et on y trouve beaucoup d'oiseaux d'eau. Et comme ce sont pas mal d'espèces que je n'avais pas l'habitude de voir en France, et que j'aime beaucoup les oiseaux, je me suis dit que j'allais les lister.
Je ne suis pas ornithologue, aussi je mets des liens vers des fiches plus détaillées sur l'excellent site oiseaux.net qui contient plein de fiches ainsi qu'un outil d'identification bien pratique !

De fait, j'ai pu voir et formellement identifier :
  • Des foulques macroules qui représentent une grosse proportion des oiseaux que je peux voir au quotidien !
  • des poules d'eau (à ne pas confondre avec les foulques)
  • des canards colverts
  • des cygnes tuberculés, toujours magnifiques même si assez caractériels : je me suis fait souffler dessus sans même avoir eu besoin de m'approcher.
  • des grèbes huppés : c'est une de mes découvertes ici. Je n'avais jamais rencontré cette espèce auparavant. Un très joli oiseau, qui porte bien son nom. Là aussi, assez présent à Delft et avec pas mal de jeunes qui ont éclos récemment.
  • des huîtriers pie, là encore une découverte pour moi qui n'ai pas l'habitude de vivre près de la mer. Un oiseau amusant et assez caractéristique avec son long et fin bec rouge.
  • des ouettes d'Égypte qui comme leur nom l'indique, sont originaires d'Égypte mais qui se sont visiblement plu en Europe. Au moins une nichée observée.
  • des étourneaux sansonnets : surtout vus dans les gares pour trouver des restes de nourriture 
  • des goélands
  • des pigeons ramiers et bisets (oui, on en voit partout, mais bon)
  • des pies bavardes
  • des choucas des tours : ces oiseaux sont des corvidés (famille des corbeaux) et ressemblent beaucoup à des corneilles, mais leur plumage plus gris sur la nuque permet de les distinguer
De façon étonnante, je vois en revanche très peu de passereaux, de mésanges, etc. Ou en tout cas, je n'ai pas pu les identifier clairement.

La liste pourra être amenée à s'étendre, et en attendant je poste quelques photos des jeunes que j'ai vu voir !

Des ouettes d'Égypte et quelques oisons

Une foulque macroule et un petit

2016-06-22

Le DPS et ses règles absurdes

Du 16 au 21 octobre 2016 aura lieu le DPS, rassemblement de la division de planétologie de l'association astronomique américaine, à Pasadena en Californie. C'est un gros congrès de planétologie aux États-Unis. Son pendant européen existe : c'est le congrès européen de planétologie (EPSC). Les deux congrès ayant lieu sur deux continents, les Européens sont en général plus enclis à aller à l'EPSC qu'au DPS. La réciproque étant aussi vraie.
Pour permettre de faire se rencontrer les deux communautés, des congrès joints sont organisés tous les cinq ans, en alternance de continents. Et cette année, le congrès est commun, ce sera donc un DPS-EPSC.

Ma recherche en 300 secondes ?


Le hic du congrès commun, c'est qu'il brasse pas mal de gens. Ajouté à cela un style DPS qui est déjà plus dense, et on se retrouve avec dix minutes tout compris.
C'est à dire deux minutes pour changer d'orateur, trois minutes pour les questions et cinq minutes pour la présentation en elle-même. Et le site de recommander d'utiliser trois diapositives !

Je suis partisan des présentations concises et allégées, mais là c'est pousser un peu loin. Ce genre de conférence rassemble des millers de scientifiques avec des tas de sessions parallèles. Il est de fait inévitable que certaines personnes vont venir assister à une présentation sans être pour autant spécialiste du sous-domaine concerné. Dans mon cas, je suis généralement obligé de faire des rappels de polarimétrie, parce que mine de rien, c'est pas évident pour tout le monde, y compris pour des planétologues. Ne serait-ce que pour introduire quelques quantités et conventions, il me faut quelques dizaines de secondes.

Je pense franchement qu'en cinq minutes, si on veut présenter efficacement ses résultats on est contraint de faire des sacrifices soit sur l'accessibilité de la présentation aux non-spécialistes, soit de ne pas pouvoir aller suffisamment dans les détails et se contenter de faire une bande-annonce d'un article.

Il s'agit tout de même d'une conférence scientifique, je veux qu'on voie mes travaux et partager mes résultats. L'objectif n'est pas le même qu'un concours ma thèse en 180s !

Je vois aussi un autre souci avec un format si court : c'est qu'il va pousser des gens à faire du par cœur (pour être sûr de tenir le temps). Or l'intérêt d'une bonne présentation (selon moi) est qu'elle doit sembler naturelle et fluide. Répéter avant oui, mais réciter un texte, bof.

Du coup, comme j'aime avoir le temps de présenter et de discuter et de répondre aux questions des collègues, j'ai demandé un poster. Je serai moins visible, mais ce sera plus efficace et plaisant.

Ceci étant, il est possible de faire une bonne présentation en cinq minutes, mais je ne suis pas certain que toutes les présentations seront bonnes… Je vous dirai si j'ai eu tort quand j'irai.

GTFA sors de là !


Mais ma surprise ne s'arrête pas là. Lors de la soumission d'une présentation, il est demandé si l'on accepte d'être enregistré et/ou de partager son support de présentation. En soi, ok, mais les conditions à accepter me rappellent fortement celles qu'on peut trouver chez Apple, Facebook et al. Les emphases sont ajoutées par moi.

The American Astronomical Society (the Society ) desires to record, broadcast and otherwise disseminate the presentations, talks and discussions at its meetings to further its mission to enhance and share humanity s understanding of the universe. Therefore, the Society requests and I, the undersigned, agree to give the Society and its successors and assigns, the non-exclusive and irrevocable right to

1. use information concerning me, including my name, biographical information, photographic, audio and video depiction or other representation, my likeness, and any statements, remarks, information, depictions, or works provided by me at a Society sponsored meeting, (collectively my Profile ), in whole or in part, individually or in conjunction with other content, and

2. use, re-use, reproduce, broadcast, publish, edit any materials or works including or employing my Profile, by any means electronic or otherwise, including audio or audio-video works that the Society may create for educational purposes or otherwise to further its mission, (collectively the Materials ) or to prepare derivative works therefrom,

for any purpose consistent with its mission. I am granting the Society these rights without any limitation as to time, territory or medium. I waive any right that I might have to inspect or approve the Materials or any derivative works, advertising copy or other content that uses the Materials, derivative works, or my Profile. I understand that the Society will not provide me with or return any of the Materials or other information or content that I provide.

I am over 18 years old and have the legal right to grant these rights to the Society. I represent that no other person s or entity s consent is necessary for the Society to use my Profile and that the Society may use my Profile without violating the rights of someone else or the law. I agree to indemnify and save harmless the Society, its officers, directors, employees and agents against any and all claims arising out of or resulting from the Society s use of my Profile as permitted herein.

I acknowledge and agree that the Society has the sole and exclusive right to any works that it creates using the Materials or my Profile. I understand that the Society has no obligation to use the Materials or my Profile and that I will not receive any further compensation or consideration for their use.

This agreement is governed by the laws of the District of Columbia and I consent to the jurisdiction of its courts for any disputes arising under this agreement.

Crédit : Imamon, CC BY

Et bien pour moi, c'est non. Du coup, j'ai coché la case indiquant mon refus d'être filmé. Mhh, je sens qu'on va bien se marrer à Pasadena…

Je vous tiendrai au courant de comment ça se passe !

2016-04-13

Venus Conference 2016, le débrief.

Ainsi donc la conférence internationale sur Vénus (dont j'ai parlé dans mon billet précédent) est finie !

Ce fut une conférence très intéressante d'un point de vue scientifique avec de nombreuses discussions utiles pour la suite. J'ai particulièrement apprécié les sessions consacrées à la géologie qui m'ont permis de me tenir un peu au courant de ce que se fait dans ce domaine et de mieux comprendre certaines choses.

Une des premières présentations a ainsi évoqué le volcanisme. L. Wilson expliquait ainsi que compte tenu des conditions vénusiennes, il était peu probable que le volcanisme y soit de type explosif, donc peu de chances de coulées pyroclastiques (on en trouve peu dans les cartes Magellan). Ceci n'est pas anodin lorsqu'il s'agit de chercher des preuves de volcanisme actuel !

Autre petit détail intéressant : Richard Ghail a montré des images bien connues des sondes Venera à la surface de Vénus. Mais ce que je ne savais pas, c'est que ces images montrent qu'il y a de vent en surface. Suffisamment pour faire bouger des sédiments se trouvant sur le pied de l’atterrisseur !


Animation montrant des images prises par la sonde Venera 13. Observez bien le bien de l’atterrisseur, au centre de l'image et notez les sédiments qui y sont déposés et comment ces derniers changent sur les images successives. (Animation personnelle d'après les données Venera retraitées par Don Mitchell)
Et Ghail d'ajouter que nous connaissons actuellement Vénus aussi bien que nous conaissions Mars après les missions Viking, un avis qui sera repris par d'autres conférenciers. Considérant que les sondes Vikings remontent quand même à 1975, ça donne une idée du retard…

Ensuite les futures missions d'étude de la surface on été présentées et elles sont pleines de promesses ! Ainsi, Sue Smrekar a ainsi dit que la mission VERITAS (en cours d'étude pour la NASA) allait « mettre un terme au débat qui existe depuis vingt ans sur le renouvèlement de la surface de Vénus » !

Comme prévu, j'ai aussi beaucoup aimé une présentation de Noam Izenberg qui a expliqué pourquoi Vénus était une étape logique dans l'exploration de Mars : cela permet de faire des missions plus courtes, augmente le nombre de tirs possibles, permet des trajectoires à delta-v réduit et permet de garder l'exposition aux rayons cosmiques modérée voire (surprise) de la réduire : le vent solaire étant plus dense près du Soleil, ce dernier fait écran aux rayons cosmiques lointains !

Dans les résultats intéressants, j'ai aussi suivi avec grand intérêt les travaux de Robert Carlson qui s'intéresse de près à l'absorbant UV. Ses résultats s'appuyant sur des observations VIRITIS semblent indiquer que ce mystérieux absorbant ne serait pas du polysoufre (S2, S6 ou S8) mais des polymères plus complexes (S>10) ! Affaire à suivre…

Ce fut aussi la première d'un beau documentaire réalisée par Maarten Roos sur la campagne d'observation du passage de Vénus devant le Soleil en 2012. À ma surprise, j'y fais d'ailleurs une apparition (entre 2:00 et 6:00) !


Enfin sont arrivés les premiers résultats de la mission japonaise Akatsuki (dont j'ai parlé ici). Déjà, tous les instruments fonctionnent parfaitement bien malgré les cinq années passées en orbite solaire. Première remarque : Akatsuki possède une longueur d'onde dans l'UV de 283 nm, ce qui est inédit et devrait apporter des précisions sur l'absorbant UV et le SO2 et ce d'autant plus que les contrastes vus à 283 et à 365 nm ne sont pas les mêmes, ce qui est intéressant. Et nous n'avons pas été déçus quand nous avons vu les images dans l'infrarouge…

À gauche : image de la caméra IR2 à 2,26 microns. À droite : image de la caméra LIR à 10 microns.

Ces images ont suscité des applaudissements parmi les chercheurs présents tant elles sont preuve que la sonde fonctionne bien et que la mission promet de belles découvertes ! Sur l'image à gauche, on voit le rayonnement thermique issu des couches profondes de l'atmosphère qui remonte à travers les nuages observés côté nuit. L'image montre toute les variations d'opacité des nuages et la dynamique complexe de la basse atmosphère. Cette image rappelle beaucoup les images de la sonde Galileo lors de son survol de Vénus en 1990, mais en bien mieux. L'image à droite montre une structure en forme d'arc qui semble être une onde. Celle-ci s'est avérée stable pendant 4 jours et est localisée au niveau du terminateur côté matin. Étonnant : la structure semble fixe en longitude et non en heure locale… Inédit et donc très intéressant !

Bonne nouvelle par ailleurs : Akatsuki pourrait fonctionner pendant encore cinq ans si tout se passe comme prévu !

La conférence a aussi été pour moi l'occasion de découvrir de très belles observations de Vénus par des amateurs, y compris en IR côté nuit. Certains parviennent même à détecter des structures à la surface de Vénus en émission thermique ! Pas mal pour des astronomes non-professionnels ! (voir en particulier ici)
Et j'ai pu ainsi découvrir d'autres amateurs ayant testé des mesures polarimétriques (je vous en reparlerai) !

Il y encore bien des choses à dire, aussi je vous laisse avec le storify de cette très chouette conférence !


2016-04-02

Prélude à la conférence Venus 2016

Après La Thuile (2007, 2008), Aussois (2010) et Catane, Sicile (2013), la conférence internationale sur Vénus pose ses bagages à Oxford au Royaume-Uni. Du 4 au 8 avril prochain, on va pouvoir s'en mettre plein la panse avec les dernières nouvelles de la science vénusienne !

J'y serai et j'y présenterai mes travaux de thèse et je vais donc vous en parler un peu en amont. Je ne manquerai pas de faire un autre billet pour débriefer la conférence. Pour avoir toutes les informations en direct, je vous conseille de me suivre sur Twitter ou de suivre le mot clé #Venus2016.

Programme

Le programme de la conférence se déroule comme suit, selon une logique assez simple : partir de la surface et aller de plus en plus haut.
  • le lundi portera donc sur le corps solide : on y parlera de minéralogie, de géologie mais aussi de la structure interne de la planète. Je n'y connais pas grand chose quant à la géologie de Vénus (ou la cythérologie) car je me suis surtout intéressé à l'atmosphère. Mais comme les prochaines missions envoyées vers Vénus ont de bonnes chances d'être des missions plutôt géologiques,  je pense qu'il sera plus qu'utile pour moi de combler mes lacunes sur ce sujet. De plus, même si l'atmosphère est déjà importante dans l'étude du climat passé de Vénus, l'étude de sa surface est indispensable pour mieux comprendre comment notre petite cousine est devenue invivable… On discutera aussi du volcanisme vénusien, sujet brûlant s'il en est.
  • mardi portera sur sur les futures missions vénusiennes. On y traitera notamment de la proposition européenne EnVision (radar) pour M5, mais aussi des propositions américaines VERITAS (radar) et DAVINCI (pénétrateur atmosphérique). Ensuite, on parlera des observations des NUAGES ! Et c'est là que j'interviens, juste après une présentation très intéressante (j'y reviendrai). On terminera la journée par de la chimie atmosphérique.
  • mercredi, encore des nuages, mais côté modélisation. Puis on arrivera à ce qui sera sans doute le petit évènement de la semaine : les résultats d'Akatsuki ! Ensuite l'après-midi sera consacré à une rétrospective des résultats de Venus Express, instrument par instrument.
  • jeudi, on parlera de dynamique et de structure atmosphérique.
  • vendredi, c'est plasmas et magnétosphère.  Je plaide coupable, je prends l'avion le matin, donc je n'en verrai rien.

Akatsuki

Comme je l'ai dit plus haut, mercredi il sera question des premiers résultats de la mission Akatsuki. Ce vendredi 1er avril, la JAXA a publié un communiqué de presse, lié à une conférence de presse donnée la veille. Bon, c'était en japonais, donc j'ai rien compris mais les images qu'on a pu voir semblent indiquer que l'équipe a mené les tests des instruments et qu'ils semblent bien se comporter. Et on aura sans doute des nouvelles (en anglais cette fois-ci) de la mission. Les opérations scientifiques régulières ne commenceront qu'à la mi-avril, mais déjà la communauté vénusienne sera contente si elle peut voir que les instruments fonctionnent. N'oublions pas qu'Akatuski est une miraculée !

Futures missions

On suivra aussi avec intérêt les prochaines missions vénusiennes. Akatsuki comble le vide laissé par Venus Express et permet donc d'assurer la continuité dans l'observation de Vénus. Mais il faut penser à la suite et d'autre missions sont déjà proposées, dont plusieurs orientées vers la planète solide. La proposition européenne EnVision serait une sorte de super Magellan avec des mesures d'émissivité en plus. Notons que le LATMOS (dont mon directeur de thèse, Emmanuel Marcq) est impliqué dans le développement de VEM, un spectro-imageur inspiré de VIRTIS mais entièrement destiné à l'étude de l'émissivité de surface en tirant profit des quelques fenêtres spectrales où l'atmosphère de Vénus est transparente.
Côté américain, deux missions ont été sélectionnées pour la seconde phase d'étude. DAVINCI serait une sonde de descente atmosphérique destinée à mesurer les concentrations de gaz nobles mais aussi à prendre de meilleures images de son site d’atterrissage1.
Et VERITAS serait aussi une mission d'étude de la surface en mode Magellan++.

Image de la surface de Vénus par la sonde soviétique Venera 13 en 1982.

À suivre

Le programme et les résumés laissent voir quelques présentations bien sympathiques que je suivrai avec un intérêt tout particulier.

  • lundi, deux amis et collègues de l'observatoire royal de Belgique, Cédric Gillmann et Özgür Karatekin présenteront leurs travaux sur des modèles de structure interne de Vénus et sur sa rotation. Ces deux messieurs sont aussi liés à mes activités pour l'EGU (Özgür est le président de la division PS et Cédric est chargé avec moi des communications de la division ; lui pour Facebook et moi pour Twitter).
  • mardi, Noam Izenberg va parler des possibilités de missions de survol habité de Vénus, notamment en chemin ou au retour de Mars. Étant un grand défenseur de l'exploration habitée de Vénus, je ne manquerai pas de prendre des notes… On aura aussi une présentation de Bob Carlson sur les mesures de VIRTIS dans l'ultraviolet afin de caractériser le mystérieux absorbant UV. Il y a au moins deux candidats crédibles2 et tout ce qui peut permettre de les identifier pour de bon est du plus grand intérêt pour les atmosphériciens… Et mardi, c'est aussi le jour où je cause. Et c'est le soir des posters, avec plein de trucs intéressants sur les nuages.
  • mercredi, Anni Määttänen du LATMOS nous parlera du modèle microphysique pour Vénus qu'elle développe avec mon ancienne collègue de bureau, Sabrina Guilbon (laquelle a un poster).
  • jeudi, Jean-Loup Bertaux (qui a sa page Wikipédia, si si) nous parlera de suspectes corrélations entre les vitesses des vents sur Vénus et la topographie. Et Paolo Tanga rapportera lui des mesures de l'atmosphère de Vénus à l'aide du passage de Vénus devant le Soleil, sujet sur lequel j'ai en partie mené mon stage de M2.
Ce sera aussi pour moi l'occasion de revoir pas mal de collègues de la thèse, mais aussi d'autres jeunes chercheurs vénusiens que j'ai eu le plaisir de côtoyer durant la thèse. De fait, je ne garantis pas que tous mes tweets soient liés à la science. Vous voilà prévenus.

Voilà ainsi mes quelques plans pour cette conférence, et je tâcherai de vous informer au fur et à mesure. Je ferai aussi sans doute un Storify de la semaine. À lundi pour la Venus Conference 2016 !


1 : Désolé Veneras, mais vos images laissent beaucoup de place à l'imagination… 
2 : Le soufre sous diverses formes solide et le chlorure de fer (FeCl) sont les principaux suspects. Perso, je pense que c'est le soufre l'assassin.

2016-01-10

Les extraterrestres devraient-ils porter plainte contre nous ?

TL;DR : l'espace est à toute l'humanité selon le traité de l'espace. Mais de quel droit ?

Je suis récemment tombé sur une vidéo de CGP Grey portant sur l'Antarctique. Il y était notamment question des prétentions territoriales sur ce continent, lesquelles sont pour le moins compliquées…

Il y mentionne le fait que comme pour l'Antarctique, l'espace est consacré comme bien commun de l'humanité1. Et il ajoute : « [c'est] un peu présomptueux de dire que tout l'Univers nous appartient. Quelqu'un pourrait avoir deux mots à nous dire à ce sujet, mais ce sera pour une prochaine fois ». CGP Gray prévoit d'en parler dans une nouvelle vidéo, mais je vais le devancer et essayer de réfléchir à cette question ici-même.

Il faut en effet se poser la question de qui possède l'espace et son contenu, ce d'autant plus que l'exploration spatiale prend une tournure privée et qu'il n'est pas impossible que des compagnies privées souhaitent exploiter les ressources (minières notamment) situées dans l'espace.

Le droit

Déjà, il faut regarder ce qui est dit dans la loi. Divers traités dont le traité de l'espace, régissent ce que les pays signataires peuvent et ne peuvent pas faire dans l'espace extra-atmosphérique2. D'autres traités et résolutions des nations unies complètent le lot. Sans rentrer dans les détails parce que je ne suis pas juriste, listons rapidement ce que le traité dit :
  • Tout le monde peut aller dans l'espace s'il le veut et s'il le peut ;
  • Personne ne peut mettre d'arme de destruction massive dans l'espace3 ;
  • Personne ne peut construire de base militaire dans l'espace ou sur une autre planète ;
  • Les astronautes sont des envoyés de l'humanité ; les signataires s'engagent à porter assistance aux astronautes, d'où qu'ils viennent ;
  • Les pays sont responsables de ce qui est lancé pour eux, par eux, ou sous leur autorité : si une Ariane 5 tombe sur une zone habitée, la France est responsable car Kourou est en Guyane ;
  • Et surtout : l'espace est un bien commun de l'humanité et aucune nation ne peut réclamer un corps céleste et étendre sa souveraineté dessus.
En gros, l'espace appartient à tous et à personne. Un autre traité (le traité de la Lune) va plus loin en réaffirmant que la Lune et les corps célestes ne peuvent pas être récupérés par un état, mais il dit aussi que les ressources de la Lune doivent être considérées comme un bien commun et donc partagées. De fait, un signataire de ce traité qui prélèverait des ressources sur la Lune accepte de les partager avec le reste du monde… On comprend pourquoi ce dernier traité a eu nettement moins de signataires.

Dans un univers alternatif où le traité de l'espace n'existe pas, les nations spatiales se battent pour posséder la Lune.
Du coup, ok, aucun état ne peut dire « la Lune, c'est à moi ». Mais là où ces textes vont devoir être mis à jour, c'est dans le cas du privé. Car même si les états sont responsables des objets lancés ou immatriculés par eux, il n'est pas clair s'il est interdit à des compagnies privées d'exploiter les ressources des astéroïdes (par exemple).

Les États-Unis ont ainsi fait un pas en ce sens en signant une loi autorisant à des compagnies américaines le droit de posséder et de vendre des ressources qu'elles extrairaient dans l'espace. Le problème avec ce texte est qu'il constitue une mesure unilatérale de la part des États-Unis et qu'il est probablement en violation du traité de l'espace (voir ici) ! Mais d'autres font remarquer qu'envoyer un satellite privé (de télécommunication par exemple) est déjà potentiellement en contradiction avec le traité de l'espace !

On le voit, le droit de l'espace est compliqué et ne couvre pas tous les cas qui vont se présenter dans les prochaines décénnies. Pour dire vrai, le projet de la NASA de capturer un astéroïde pour le mettre en orbite lunaire afin de mieux l'étudier est d'une très ambitieux, mais il est aussi potentiellement illégal !

Mais tout de même, je suis un peu dubitatif quant à l'article 1 du traité de l'espace :
L’exploration et l’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la lune et les autres corps célestes, doivent se faire pour le bien et dans l’intérêt de tous les pays, quel que soit le stade de leur développement économique ou scientifique ; elles sont l’apanage de l’humanité tout entière.
Par ces quelques mots l'Humanité se déclare avoir un droit d'exploration et d'utilisation de tout l'univers. C'est tout de même extrêmement culotté !

La morale 

En effet, avant même de considérer les arguments légaux, on peut se poser la question de l'éthique derrière tout ça. Déjà affirmer, avec beaucoup de bonnes intentions, que la Terre appartient à toute l'humanité est en soi très gros (quid des autres espèces ?). Mais dire que tout l'univers est notre terrain de jeu…

Et nous avons fort bien joué : les abords immédiats de la Terre sont une poubelle spatiale avec une énorme quantité de débris de taille variable. Et nous avons laissé des déchets et fait des trous sur la Lune, sur Mars et bien d'autres corps (même des comètes).

Philae le Conquérant imposant sa loi sur la comète 67P-Churyumov Guerasimenko.


Et maintenant nous songeons à déplacer des astéroïdes et à percuter des satellites d'astéroïdes pour tester notre capacité à les dévier en cas de besoin.
Non, il ne s'agit pas de faire un remake d'Armageddon, mais de voir comment un astéroïde (ici, le satellite d'un astéroïde) réagit à un impact. Un impacteur de la NASA viendrait percuter « Didymoon » le compagnon de Didymos et une sonde européenne viendrait elle étudier l'effet de l'impact. L'idée étant de voir en vrai, si on peut effectivement altérer l'orbite du satellite et donc estimer si cette technique peut être utilisée pour sauver la Terre en cas de visite inopportune.

Ma première réaction fut de me demander si nous en avions le droit. Pensons-y un instant : qu'est-ce qui nous donne le droit de toucher, modifier, déplacer des corps du système solaire ?

On peut arguer que les astéroïdes et les planètes sont, à notre connaissance, inhabitées et que personne ne peut s'en plaindre. Ce qui est, dans l'état de connaissances, vrai. Et puis on pourra aussi répondre que pour le moment, tout ceci est fait au nom de la science ou de la protection de notre espèce. Et c'est justement là que ça commence à coincer : c'est le cas pour le moment.

En effet, deux problèmes peuvent se mettre en travers de cette logique :
  1. Le spatial purement exploratoire et scientifique pourrait bientôt être suivi d'une exploration spatiale intéressée par les matières premières qui sont disponibles là-haut ;
  2. Il reste une possibilité que des formes de vie existent ailleurs dans l'Univers et même dans notre système solaire, et nous pourrions bien les détruire par accident !

Le capitalisme dans l'espace ?

On le sait, les matières premières présentent sur Terre finiront pas s'épuiser et leur consommation ne semble pas aller à la baisse. Et, comme l'extraction du gaz de schiste est devenue rentable à mesure que les prix du pétrole montaient, on peut tout à fait concevoir que les prix des métaux ou de certains composés présents dans notre système solaire deviennent un jour assez élevés pour que leur extraction soit rentable.



On retombe alors sur le problème de droit évoqué plus haut : selon comment on interprète le droit de l'espace, les exploitations minières sur des astéroïdes pourraient être assimilées à une appropriation et donc être en contradiction avec les traités. Le moins qu'on puisse dire c'est que les états sont responsables de ce qu'ils envoient, au moins indirectement… Les risques techniques que les compagnies minières pourraient faire peser seraient-ils sanctionnés en conséquence ? Risque-t-on de voir des pays plus regardants que d'autres sur ce que les entreprises spatiales font sur des astéroïdes, afin d'attirer les investissements, comme certains pays jouent sur les impôts sur les sociétés ? Comment accorder une concession sur un terrain qui n'appartient à personne ? Quel droit du travail doit-on appliquer : celui du pays de lancement, du pays où siège la compagnie, ou doit-on s'attendre à des travaux spatiaux détachés ?

Sans être juriste, il me semble clair que la situation actuelle n'est pas bien définie et que les états signataires du traité de l'espace vont sans doute devoir se réunir à nouveau pour prendre ces nouveautés en compte. Mais ce n'est pas le seul problème.

Un enjeu de protection planétaire !


Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la « protection planétaire » ne désigne absolument pas la protection de la Terre contre, mettons un astéroïde, mais bien des autres corps du système solaire contre nous4 ! En effet, les bactéries et autres micro-organismes sont parfois plus résistants qu'on ne le pense. Rien ne garantit qu'une sonde envoyée sur Mars ne porte pas sur elles des germes terrestres qui pourraient contaminer les mesures des instruments et plus grave encore, contaminer l'environnement martien. Pire, il n'est pas à exclure que nos bactéries, si elles venaient à rencontrer leurs homologues extraterrestres, ne viennent à les éliminer ! De fait, être prudent est absolument indispensable car nous voulons savoir si la vie existe ailleurs et non pas la tuer !

C'est alors que l'exploitation industrielle revient sur la table : pour un astéroïde, le risque est limité, mais que dire de compagnies qui voudraient aller sur la Lune ? Quid des risques de pollution industrielle ?

Autre exemple, pour se poser la question cette fois-ci du côté des scientifiques : Europe, satellite de Jupiter, présente une épaisse couche de glace sous laquelle se trouve vraisemblablement un océan d'eau liquide. Comme la lune est soumise à des effets de marée causés par sa proximité à Jupiter, il est possible qu'elle soit active à l’intérieur et que les conditions soient propices pour que la vie existe dans cet océan. Sauf que cet océan est scellé sous la glace5 et qu'il faudrait creuser pour le sonder. Or doit-on prendre le risque de contaminer cet océan avec nos bactéries ?

En conclusion

Entre le risque de contaminer l'espace, l'absurdité de se croire les maîtres de l'univers et les questions légales, le futur de notre exploration spatiale et la vision que nous portons sur l'espace doivent être réfléchies à deux fois. Pour le moment on ne peut pas dire que nous ayons été particulièrement envahissants, mais si des compagnies privées veulent utiliser les ressources dans l'espace ou si des humains veulent s'installer de façon durable sur la Lune ou Mars, il faudra vraiment avoir une réflexion poussée sur la légalité et la moralité de ces opérations.
Évidemment je ne propose pas de solutions maintenant, mais si je devais donner mon avis, j'aurais tendance à souhaiter que les humains soient moins gourmands avec l'espace qu'ils ne l'ont été avec la Terre. Il serait souhaitable que certains corps soient protégés : je pense à Europe qui ne devrait pas être touchée en attendant d'avoir des moyens d'être sûrs de ne pas la contaminer. Sur d'autres, des « réserves naturelles » devraient peut-être créées pour laisser des zones préservées pour la science ou juste pour la beauté des lieux ; c'est en particulier vrai pour la Lune et Mars. Je pense enfin que les permis d'exploitation minière devraient être donnés au compte-goutte afin de s'assurer qu'on n'aille pas labourer des astéroïdes entiers sans réfléchir un peu aux conséquences pour la Terre et pour le reste du système solaire.

Qu'en pensez-vous ?

Pour aller plus loin






1 : les humains, pas le quotidien 
2 : concept qui n'est pas vraiment défini légalement apparemment… 
3 : les armes conventionnelles sont elles autorisées, ah ah 
4 : pour être exact, la protection planétaire couvre aussi la contamination de la Terre par une sonde qui reviendrait de l'espace 
5 : Encélade, satellite de Saturne présente aussi un océan souterrain, mais elle a le bon goût de posséder des geysers qui éjectent de la matière dans l'espace. Un bon moyen d'avoir des échantillons gratuits !

2015-12-15

La fin de Venus Express et le début d'Akatuski

J'étais la semaine dernière au dernier science working team (littéralement équipe de travail scientifique ?) de la mission Venus Express. L'idée d'un SWT étant de parler de faire le point sur la mission et sur les instruments, tant du côté scientifique que technique. Ce dernier SWT était ainsi l'occasion pour définir ce qui restait à faire concernant le traitement des données et leur archivage.

Mais étant le dernier, ce meeting avait un goût étrange, et une certaine émotion était palpable. Venus Express est une mission certes express, mais certaines personnes y ont consacré énormément d'énergie et de temps, en particulier les responsables de la mission et les responsables de principaux instruments.

Cela fut l'occasion de partager les vieux souvenirs de la mission, et plusieurs personnes ont présenté des photos des premières réunions, de l'assemblage et du lancement de la sonde. Je ne suis pas impliqué dans la mission depuis longtemps et j'ai surtout vu sa fin, mais il n'empêche que j'étais assez heureux d'avoir fait partie de cette belle aventure et d'avoir apporté ma modeste contribution à ce projet. En plus, j'ai eu des goodies Venus Express !

Un très bon bilan


Venus Express fut une mission assez économique et rapide par comparaison à d'autres. Mais les résultats scientifiques sont néanmoins conséquents !
D'après Hakan Svedhem (responsable scientifique) et Colin Wilson, la mission aurait fait l'objet d'au moins 477 publications dans des revues à comité de lecture.
Et bien que la mission se soit terminée en 2014, il y a plus de 60 articles traitant des données VEX en 2015, prouvant que la masse de données amassée par VEX promet encore de belles années !

Mais mes collègues étaient loin de pleurer la fin de Venus Express (enfin, pas trop) : l'optimisme régnait ! En effet, la nouvelle était tombée quelques jours auparavant que la sonde japonaise Akatsuki avait réussi son insertion en orbite vénusienne. Seulement un an après la fin de Venus Express, la planète a donc à nouveau de la visite !

Un coup de force technique


Revenons en arrière de quelques années. La sonde Akatsuki est lancée en mai 2010 par la JAXA, l'agence spatiale japonaise. Le 6 décembre 2010, la sonde devait s'insérer en orbite autour de Vénus en allumant son moteur principal pendant 12 minutes, ce qui devait la ralentir et permettre sa capture par Vénus. Malheureusement, le moteur n'a pas fonctionné comme prévu et la sonde a raté son insertion (voir ici pour plus de détails sur ce qui n'a pas marché)

Akatuski s'est donc retrouvé pendant cinq ans en orbite autour du Soleil, non loin de l'orbite de Vénus, mais tout de même plus proche (périhélie à 0,6 UA au lieu de 0,7 pour Vénus). Une orbite pas forcément très confortable pour une sonde qui n'est pas conçue pour cela et en particulier pour les instruments et les batteries qui subissent des écarts thermiques plus grands que prévu.
Finalement, des calculs montrent qu'une nouvelle opportunité d'insertion peut avoir lieu à la fin de l'année 2015. Mais comment faire sans moteur ?

C'est sans compter sur les moteurs d'attitude. Ce sont les petits moteurs qui permettent d'ajuster finement la position et l'orbite de la sonde. Ces moteurs sont cependant bien moins puissants que le moteur principal. Mais après quelques ajustements et quelques tests, la JAXA décide de tenter le coup le 7 décembre 2015.

Pour être capturée par Vénus, la sonde doit utiliser ses moteurs d'attitude pendant 20 minutes. Là encore, ce genre de moteurs n'est pas vraiment fait pour fonctionner aussi longtemps !
Finalement, dans la matinée du lundi 7 (en France) nous apprenons par un communiqué que les propulseurs ont bien fonctionné comme prévu et le lendemain la confirmation est donnée que la sonde a bien été capturée par Vénus !

L'orbite de la sonde n'est bien sûr par celle qui était initialement prévue. Au lieu d'une orbite elliptique avec un péricentre à 300 kilomètres et un apocentre à 80 000 kilomètres, la sonde se trouve maintenant sur une orbite plus grande avec un péricentre à 400 km et un apocentre à 440 000 km. La période de cette orbite étant de 13 jours et 14h. Cette orbite n'est pas optimale pour les caméras qui étaient conçues pour des observations plus proches, mais c'est toujours mieux que pas d'orbite du tout ! D'autant que la JAXA prévoit de réduire la période à 9 jours.

Durant le SWT, Takeshi Imamura (responsable scientifique de la mission) nous a donné quelques informations. D'après lui, la sonde est en bon état, y compris les batteries. Pour le moment tous les instruments ne sont pas opérationnels : seuls les caméras IR1, LIR et UVI sont activées et on pris des images. Le système de refroidissement de la caméra IR2 a été activé le 10 décembre.
Image prise par la caméra ultraviolet UVI de la sonde Akatsuki à 72 000 km de Vénus. (Image JAXA)

Globalement, il faut encore vérifier que la sonde va bien et que tous les instruments sont en état de marche. Après toutes ces vérifications, les opérations scientifiques pourraient commencer au printemps 2016.

Nous aurons donc bientôt des nouvelles d'Akatsuki et donc encore plus de science pour Vénus !

Pour aller plus loin :

Vous pouvez lire cet excellent article de Emily Lakdawalla de la Planetary Society sur Akatsuki.

2014-05-27

Plotting a data set with two different units in Matplotlib

In my thesis, I handle polarimetric observations of Venus with Venus Express. Because of the north polar elliptical orbit of the spacecraft, when observing in nadir there is a link between the phase angle and the latitude of observation1.
Though, this is not always easy to understand so I found the need to plot my polarimetric measurements as a function of phase angle, but also as a function of latitude. I was thinking of plotting the phase angle on the bottom x-axis, and the latitude on the top x-axis. Can we do that in Python/Matplotlib? 

Of course you can!

Matplotlib has brilliant functions called twinx and twiny that take an axis object and duplicate it keeping the same x or y axis that the original. Therefore only the x/y axis is editable as the other is ruled by the original axes.
This can be used to plot two independent curves with different y-axis, but also to plot one value with two units (e.g. Celsius degrees and Farenheit degrees). In the latter case, the relation is known theoretically, so you could just set the new x-ticks with a function of the old ticks.

An example of this:

> fig = figure()  #you can proceed without objects, but it's easier with
> ax = fig.add_subplot(111)
> ax.plot(X,Y)  # plot the data
> ax2 = ax.twiny()  # copy the x-axis
> ax2.plot(X,Y,alpha=0) # blank plot
> ax.set_xticks([a,b,c])  #we set the ticks on the x_1 axis
> ax2.set_xticks([a,b,c])  # idem on x_2
> ax2.set_xticklabels(function([a,b,c])) #function just does something

You may also not know the exact relation between x and x2, like in my case where for each point of measure there is an associated phase angle value and a latitude value, but each evolving according to a different rule. And again, because of the elliptical orbit of Venus Express, the latitude evolves much faster when the spacecraft is close to the pericentre. So, no theoretical relation for me.

At first glance, and following this post on Stackexchange, I thought that plotting my polarization as a function of phase angle on the ax object and as a function of latitude in the ax2 object was the thing to do. It is not.
If you do so, you get yourself with a shift. I could change the ticks as much as I can, it would not work.

The trick here is to plot the same data on the new axes, in order to get the same scaling, but in an invisible manner, hence the alpha=0. Then you can tweak the axes as you wish.

A measurement of SPICAV-IR: the degree of linear polarization as a function of phase angle and the corresponding latitude. Note how the latitude evolves much faster at high phase angles.




Sources:
http://stackoverflow.com/questions/3136800/matplotlib-one-line-plotted-against-two-related-x-axes-in-different-units

Notes:
1 the phase angle is the angle between the Sun, the point observed on Venus, and the observer. From Earth, if Venus is seen with a phase angle of 90 degrees it means that your see a half-Venus. Nadir is the opposite of zenith, so it is right below you, towards the center of the Earth/body you're on/around. Because of the low inclination of Venus axis, the subsolar point is nearly on the equator at noon on Venus. Then if you look towards the centre of the planet, a point seen from a low phase angle must be close to the equator (you have the Sun on your back). If you go towards 6am or 6pm, you can have a larger phase angle at low latitude, but not very large. On the other hand, if you get close to the pole, you necessarily have a high phase angle in nadir. Hence, the common variation of the latitude with the phase angle. Note that (1) if Venus Express was on an equatorial orbit, the link would be between phase angle and local time; (2) if you're not in nadir, i.e. you can look at Venus without looking towards its center, then the link between latitude and phase is broken.

2014-05-08

Lookback on the EGU 2014

In order to make a sort of summary of my experience at EGU 2014, I decided to do a Storify, as most of it is available on Twitter.
Enjoy!

2014-04-26

What to see in EGU 2014? (According to me)

The European Geosciences Union (EGU) will hold its General Assembly in Vienna from the 28th of April to the 2nd of May. Gathering more than 10 000 scientists from all over the world, the EGU is a very interesting meeting for geophysicists.

Of course, the field is dominated by Earth sciences and planetology is not the biggest topic. Nevertheless, it is a good opportunity to meet people and colleagues in the beautiful city of Vienna.

I've been there last year and it was pretty nice, especially because there was a specific session on polarization where I had a poster. I met very important people during the poster session so it was a memorable experience. Anyway, posters are better than orals to meet people and discuss with them. Well a fresh drink and some food can also help.

This year is different as I'll have my 12 minutes in the PS2.5 session : atmospheres of terrestrial planets. The session will have talks about Venus, Mars and Titan, and I'll of course be presenting my work on Venus. 

My programme would go like this:

 

Tuesday 29 April 

PS1.3: Sophie Dorizon (@SophieDorizon) will present WISDOM, a ground penetrating radar for the ExoMars mission. – 9:15, B2. Along with the whole session.

The EGU young scientists forum, to meet people and see what the EGU does for YS. – OM4, R13, 12:15-13:15

PS1.1: new missions and techniques for planetary exploration (PICO) – PICO spot 2, 13:30-15:00

PS6.1: Exoplanets – orals 15:30-17:00, R14

 

Wednesday 30 April

PS2.5: Atmospheres of terrestrial planets. – room Y5 in the morning, division meeting at 12:15 in Y4, and afternoon part in Y10.

The session will begin with medal lecture by Francois Forget at 10:30. Several people from LATMOS will present something here. Aurélien Stoltzenbach, Grégoire Déprez and myself will have a talk in the afternoon at 14:45, 16:00 and 15:00 respectively.

SC8: School outreach, a practical guide – G13, 17:30-19:00

 

Thursday 1st of May

PS5.3: Multipoint observations and modeling of the heliospheric plasma processes and their effects on the planets. 10:30-12:30, Y2.
Lucile Turc a colleague will do an oral presentation and also a poster (B1104).
Posters : blue posters, 17:30-19:00 

It will also be poster time for
  • PS2.5, where G. Deprez presents also a poster
  • PS2.4, with Cyril Szopa having a poster on new results from SAM. And 
  • PS6.1, exoplanets, all of those blue posters 17:30-19:00
SC6: How to apply to a research grant. 12:15-13:15, G13.

PS4.2: Rosetta session. Another PhD from LATMOS will have a poster (1051) in this session: Anthony Lethuillier who's working a permittivity probe on the Philae lander. And again C. Szopa. 17:30-19:00, Blue posters

And of course I'll probably have a drink and a schnitzel in Vienna with the team!

I'll be intensively tweeting the sessions I'm attending, so if you want to have (some) updates about this year's EGU GA, follow me @AstroLR !

2014-02-10

Réunion Jeunes Impec 2014-30-01

Le LATMOS est constitué de 6 départements, dont deux ont des thématiques astronomiques et astrophysiques. IMPEC porte sur les atmosphères des planètes du système solaire ainsi que sur les surfaces des planètes et des petits corps (comme les comètes par exemple). HEPPI s'intéresse plus aux exosphères, et plasmas et aux interactions avec le vent solaire.

Au sein d'IMPEC nous organisons régulièrement des réunions internes que nous appellons les réunions Jeunes Impec. Le terme jeune ne recouvre pas une zone précise, mais comme la moyenne d'age dans notre département est assez basse, la plupart des chercheurs viennent. Les réunions rassemblent ainsi les doctorants, les contractuels et les permanents. Chacun parle un peu de l'avancée de ses travaux et des problèmes qu'il peut rencontrer. Les discussions sont en général assez informelles et permettent deux choses :
  1. Cela permet de rester informé de ce qui se passe dans le reste de l'équipe, ce qui n'est pas du luxe sachant que les thématiques abordées dans le département sont larges (Vénus, Mars, comètes, Titan, astrobiologie, etc.).
  2. Cela permet d'avoir un point de vue extérieur sur certains problèmes et de les envisager d'un autre œil.
On y aborde aussi des éléments d'actualité scientifique (surtout astro évidemment) qui nous semblent intéressants. C'est aussi l'occasion de faire un bilan des conférences où chacun a pu aller et de raconter des résultats intéressants qu'il y a vu. Et puis pour éviter d'avoir des réunions très courtes où personne n'a rien de neuf à raconter, on se donne généralement un sujet principal qui nous concerne tous.
La dernière réunion a eu lieu le 30 janvier, et le thème principal était la question de la veille scientifique et de la gestion bibliographique, sujet important en particulier pour les doctorants.

Pas mal de choses générales ont été dites, mais une chose m'a frappé : la différence de veille entre les chercheurs CNRS et les maîtres de conférences0. J'ai eu un aperçu de la situation ainsi que le ressenti des MCF. Le constant est le suivant : la veille scientifique serait plus régulière et plus assidue chez les CNRS que chez les MCF. L'explication la plus vraisemblable étant que les CNRS n'ont pas de charge d'enseignement et donc plus de temps pour la veille. De façon plus générale, faire de la veille prend du temps au point que certains font le point uniquement au moment de rédiger un article. Pour se simplifier la tâche, il est en tous cas nécessaire de mettre en place quelques outils et habitudes dès la thèse pour être au courant des différentes nouveautés.

Les alertes

C'est le point principal : créer des alertes pour être informé des nouvelles parutions. Plusieurs moyens :
  • Google Scholar : Google est partout, y compris dans le domaine académique. La compagnie avait tenté de créer une alternative à Wikipédia, Knol, qui n'a jamais vraiment décollé. En revanche, Google Scholar est encore actif bien que peu médiatisé. Scholar est un moteur de recherche académique qui fonctionne plutôt bien (en tous cas pour moi) avec des possibilités de recherche complexe. Chaque entrée renvoie vers le site de la revue de parution. Quand un pdf est disponible, Scholar affiche un lien vers ce dernier et des exports de citations sont possibles (dont BibTex). À noter : si vous avez un compte Google vous pouvez enregistrer les références des articles que vous trouvez mais aussi vous créer une sorte de page où vous pouvez lister les publications où vous apparaissez et des facteurs bibliométriques. Bref c'est un outil plutôt pratique. Scholar propose aussi des alertes automatiques périodiques sur des mots clés donnés. En soi l'idée est bonne, le problème c'est que la plupart du temps, ça ne donne rien de bon me concernant. Les articles proposés sont souvent hors-sujet (avec des références à la Vénus mythologique plutôt qu'à la planète par exemple) ou tirés d'essais alors que ce sont les périodiques qui m'intéressent. Ces alertes farfelues touchent du doigt le gros défaut de Scholar : on en sait pas dans quoi il cherche ! Peut-être prend-il parfois plus que nécessaire et exclut-il des résultats ailleurs. Faute de l'utiliser pour les alertes, je le recommande pour la recherche de papiers simple.
  • Science Direct : c'est le site de l'éditeur Elsevier qui a dans son sac près de 2 000 revues, dont Icarus et Planetary and Space Science, très connues en planétologie. Bien que les articles ne soient pas forcément disponibles en libre accès, créer un compte sur Science Direct est gratuit et simple. Une fois votre compte créé, vous pouvez cliquer sur le bouton situé à côté de votre nom. Le menu suivant apparaitra : 
    Cliquez alors sur Manage my alerts et vous arriverez là :

    Dans cette page vous pourrez créer des alertes sur des mots clés donnés (dans mon cas, Venus clouds et Venus dynamics) ou des alertes sur les nouvelles parutions dans des revues choisies. Dans mon cas, j'ai des alertes sur Planetary and Space Science et Icarus
    Pour créer une alerte sur mots clés, cliquez sur Add search alert et vous verrez cette page
    Choisissez vos mots clés et le domaine concerné ainsi que les sources (périodiques ou monographies) puis validez. Vous verrez alors une liste d'articles correspondant à votre recherche. Si cela vous semble pertinent, cliquez sur Save as search alert en haut de la page pour transformer cette requête en alerte. Vous devrez alors choisir la fréquence de l'alerte, l'adresse à laquelle envoyer les alertes et donner un nom à votre alerte.
    D'autre part, vous pouvez aussi créer des alertes sur les nouveautés dans des revues. Pour cela cherchez la revue qui vous intéresse et une fois arrivée sur la page de cette revue, vous verrez en haut un lien Alert me about new articles. Cliquez dessus, c'est réglé, l'alerte apparaitra dans votre profil et vous recevrez chaque semaine un courriel avec les nouveaux articles. Si vous ne voulez pas avoir votre boîte électronique surchargée par les alertes, vous pouvez aussi opter pour l'utilisation des flux RSS.
     

  • Science, Nature, etc. : mentionnons aussi que des systèmes d'alertes sont également disponibles pour les revues telles que Science, Nature, et d'autres.
  • ArXiv : la grande base en accès libre permet également de créer des alertes sur des critères donnés. À noter aussi l'existence d'une application pour téléphones ! (iOS  et Android)
  • ADS : si vous faites de l'astro vous connaissez sans doute déjà ADS (Astrophysics Data System) qui est à mon sens la référence en termes de bibliographie en astrophysique. Si vous cherchez un papier en astro, c'est généralement ici qu'il faut le chercher. Notez que vous pouvez créer un compte myADS et mettre en place des alertes !

Les réseaux sociaux

Ont aussi été évoquées les possibilités offertes par les réseaux sociaux, tant Twitter que Facebook, surtout si vous avez les bons contacts.

En bref


On nous mentionne l'existence d'une nouvelle revue en accès libre chez Elsevier : GeoResJ1. Pas négligeable : les soumissions sont gratuites en 2013 et 2014 !



0 : MCF pour les intimes
1 : le nom fait furieusement penser au Journal of Geophysical Research ou JGR. Délibéré ?