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Pourquoi les doctorants devraient être sur les réseaux sociaux.

Article mis à jour le 2014-02-05.

Au cas où vous ne l'avez pas encore remarqué, je suis très fan de Twitter, qui est pour moi le réseau social par excellence. Mes amis et collègues sont parfois assez perplexes face à mon usage intensif des réseaux sociaux pour ce qui est de la science.

Un exemple simple est la conférence Elbereth 2013. Je reviendrai dans un autre article sur Elbereth, tant il y a à dire. Mais lors de la conférence, j'ai utilisé Twitter et le hashtag #elbereth2013 pour relayer des informations au sujet des revues et des conférences. Le problème est le suivant : j'étais le seul à tweeter. Cela m'a permis de réaliser à quel point les doctorants sont loin d'être présents professionnellement sur les réseaux sociaux. Sans doute la plupart d'entre-eux sont sur Facebook, mais plus vraisemblablement pour un usage privé.

Globalement, quand on compare les laboratoires et les chercheurs français à leurs homologues anglo-saxons, en particulier les américains, on se rend compte qu'il y a un fossé en matière de communication en ligne. L'écart s'observe aussi dans la communication des agences spatiales. Là où la NASA communique énormément au sujet de ses missions spatiales, l'ESA reste très timide quant à ses projets. Quand bien même, la NASA, l'ESA  ainsi que le CNES et la DLR (pour ne citer que celles-là) sont présentes sur Twitter et Facebook. Et je ne suis pas le seul à le constater !

Revenons aux chercheurs, pourquoi est-il utile et même important d'avoir une présence sur les réseaux sociaux, et plus généralement sur le net ?

Parce que c'est contrôler son identité numérique

Faites l'expérience suivante : tapez votre nom complet dans un moteur de recherche. Que trouvez-vous ? Rien ne garantit que vous soyez satisfait de ce que vous allez y trouver. Probablement, allez-vous tomber sur un homonyme ou pire sur les photos compromettantes de votre dernière soirée… il ne faut pas se le cacher, les recruteurs sont nombreux à faire des recherches sur les candidats à un poste donné afin de vérifier à qui ils ont affaire. Ce qui tient dans le domaine de l'entreprise tient aussi pour le domaine académique : votre identité numérique peut être très différente de votre identité académique désirée.

Avoir un contrôle sur votre identité numérique passe par une présence active sur le net. Le minimum me semble être d'avoir une page web. Il est très probable que votre laboratoire vous permette d'avoir votre page institutionnelle. D'autre part, avoir un compte sur un réseau social permet d'avoir une présence plus dynamique, là où une page web sera plus statique.
Ensuite où s'inscrire ? Il y a des réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn, ResearchGate, academia.edu, et des réseaux sociaux généralistes tels que Twitter ou Facebook. Tout dépend de qui vous voulez toucher. Ce qui nous amène au second point.

Parce que c'est communiquer son travail

À moins d'avoir un sujet de thèse très industriel, il est probable que votre financeur soit l'État, et donc le contribuable. En tant que tel, vous êtes redevable devant les citoyens et ils ont le droit de savoir ce que vous faites de leur argent1. Or on est pas forcément appelé en tant que conférencier tous les jours, ni interrogé par la presse à chacune de ses publications. Il faut faire un effort de communication en direction du public, surtout que ce dernier sait être très demandeur d'actualités scientifiques. Or on a pas toujours le temps de gérer un site ou un blog (j'ai moi-même beaucoup hésité avant de me lancer sur ce blog). C'est là que les réseaux sociaux peuvent vous aider. Ils offrent un moyen de communiquer avec un très grand nombre de personnes en très peu de temps et avec les téléphones récents, virtuellement depuis n'importe où.
En cela Twitter tire son épingle du jeu. La limite de 140 caractères posée pour les tweets oblige à être concis et direct. Le plus souvent, vous n'aurez pas à vous casser la tête : d'autres gens écrivent des articles, des blogs ? Tweetez un lien vers cet article ! Postez une infographie, une photo et vous en avez déjà fait beaucoup sans trop consommer de temps ou d'énergie. Le re-tweet étant l'arme absolue pour communiquer sans effort.

Twitter est ainsi un moyen de montrer au public à quoi ressemble la recherche au quotidien, comme ici par exemple :

Parce que c'est un moyen de veille scientifique

Il n'y a pas sur Twitter que des scientifiques parlant uniquement à des profanes, mais aussi des scientifiques communiquant entre eux. Un homologue de l'autre côté de l'Atlantique pourra signaler via Twitter un article venant de paraître et pouvant tout à fait vous intéresser. De même, vous pouvez vous informer des derniers lancements spatiaux, des dates de la prochaine conférence, ou des derniers résultats obtenus dans un domaine qui n'est pas le votre mais vous passionne quand même. Il suffit de suivre les personnes qui vont bien ! Plus généralement, vous pouvez y trouver beaucoup d'informations qui viennent à vous via vos abonnements Twitter. Conjugué à une certaine hygiène de veille, vous pouvez devenir très efficace dans le traitement de ces nouvelles.

Parce que c'est utile en conférence

Les conférences sont l'occasion de rencontrer d'autres chercheurs et de voir ce qui se fait de nouveau dans son domaine. Le problème fréquent est que vous ne pouvez pas aller à toutes les conférences, et quand bien même vous y êtes, il n'est pas rare que vous vous trouviez devant un problème fréquent : les sessions simultanées. Vous avez cette session indispensable pour votre travail qui porte sur Vénus, et en même temps, vous avez cette session super sexy qui porte sur Mars…
Dans les deux cas vous ne pouvez pas vous dédoubler, alors comment faire ? La solution tient souvent dans le hashtag de la conférence. J'ai ainsi pu utiliser ou suivre #epsc2013 (conference planetologie européenne), #ChangE3 (atterissage du rover lunaire chinois), #WakeUpRosetta (réveil de la sonde Rosetta), #agu2013 (conférence de geosciences aux États-Unis)…


Parce que cela pourrait vous faire trouver un emploi !

Les réseaux sociaux ont aussi une portée intéressante pour les propositions d'emploi. Quelques exemples :




Conclusion

Cet article ne se veut nullement exaustif, mais plus un court plaidoyer pour s'engager à communiquer sur les réseaux sociaux. Le message à en retirer est simple : non les réseaux sociaux ne sont pas inutiles, ils peuvent même s'avérer fructueux. Et les utiliser peut être bien moins chronophage qu'il n'y parait. Je vous invite donc à méditer ceci et à vous lancer !

Nota : cet article pourra être régulièrement mis à jour avec plus d'exemples.


(1) attention, ça ne leur donne pas forcément le droit de juger de l'utilité de vos travaux !

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