Accéder au contenu principal

Venus Conference 2016, le débrief.

Ainsi donc la conférence internationale sur Vénus (dont j'ai parlé dans mon billet précédent) est finie !

Ce fut une conférence très intéressante d'un point de vue scientifique avec de nombreuses discussions utiles pour la suite. J'ai particulièrement apprécié les sessions consacrées à la géologie qui m'ont permis de me tenir un peu au courant de ce que se fait dans ce domaine et de mieux comprendre certaines choses.

Une des premières présentations a ainsi évoqué le volcanisme. L. Wilson expliquait ainsi que compte tenu des conditions vénusiennes, il était peu probable que le volcanisme y soit de type explosif, donc peu de chances de coulées pyroclastiques (on en trouve peu dans les cartes Magellan). Ceci n'est pas anodin lorsqu'il s'agit de chercher des preuves de volcanisme actuel !

Autre petit détail intéressant : Richard Ghail a montré des images bien connues des sondes Venera à la surface de Vénus. Mais ce que je ne savais pas, c'est que ces images montrent qu'il y a de vent en surface. Suffisamment pour faire bouger des sédiments se trouvant sur le pied de l’atterrisseur !


Animation montrant des images prises par la sonde Venera 13. Observez bien le bien de l’atterrisseur, au centre de l'image et notez les sédiments qui y sont déposés et comment ces derniers changent sur les images successives. (Animation personnelle d'après les données Venera retraitées par Don Mitchell)
Et Ghail d'ajouter que nous connaissons actuellement Vénus aussi bien que nous conaissions Mars après les missions Viking, un avis qui sera repris par d'autres conférenciers. Considérant que les sondes Vikings remontent quand même à 1975, ça donne une idée du retard…

Ensuite les futures missions d'étude de la surface on été présentées et elles sont pleines de promesses ! Ainsi, Sue Smrekar a ainsi dit que la mission VERITAS (en cours d'étude pour la NASA) allait « mettre un terme au débat qui existe depuis vingt ans sur le renouvèlement de la surface de Vénus » !

Comme prévu, j'ai aussi beaucoup aimé une présentation de Noam Izenberg qui a expliqué pourquoi Vénus était une étape logique dans l'exploration de Mars : cela permet de faire des missions plus courtes, augmente le nombre de tirs possibles, permet des trajectoires à delta-v réduit et permet de garder l'exposition aux rayons cosmiques modérée voire (surprise) de la réduire : le vent solaire étant plus dense près du Soleil, ce dernier fait écran aux rayons cosmiques lointains !

Dans les résultats intéressants, j'ai aussi suivi avec grand intérêt les travaux de Robert Carlson qui s'intéresse de près à l'absorbant UV. Ses résultats s'appuyant sur des observations VIRITIS semblent indiquer que ce mystérieux absorbant ne serait pas du polysoufre (S2, S6 ou S8) mais des polymères plus complexes (S>10) ! Affaire à suivre…

Ce fut aussi la première d'un beau documentaire réalisée par Maarten Roos sur la campagne d'observation du passage de Vénus devant le Soleil en 2012. À ma surprise, j'y fais d'ailleurs une apparition (entre 2:00 et 6:00) !


Enfin sont arrivés les premiers résultats de la mission japonaise Akatsuki (dont j'ai parlé ici). Déjà, tous les instruments fonctionnent parfaitement bien malgré les cinq années passées en orbite solaire. Première remarque : Akatsuki possède une longueur d'onde dans l'UV de 283 nm, ce qui est inédit et devrait apporter des précisions sur l'absorbant UV et le SO2 et ce d'autant plus que les contrastes vus à 283 et à 365 nm ne sont pas les mêmes, ce qui est intéressant. Et nous n'avons pas été déçus quand nous avons vu les images dans l'infrarouge…

À gauche : image de la caméra IR2 à 2,26 microns. À droite : image de la caméra LIR à 10 microns.

Ces images ont suscité des applaudissements parmi les chercheurs présents tant elles sont preuve que la sonde fonctionne bien et que la mission promet de belles découvertes ! Sur l'image à gauche, on voit le rayonnement thermique issu des couches profondes de l'atmosphère qui remonte à travers les nuages observés côté nuit. L'image montre toute les variations d'opacité des nuages et la dynamique complexe de la basse atmosphère. Cette image rappelle beaucoup les images de la sonde Galileo lors de son survol de Vénus en 1990, mais en bien mieux. L'image à droite montre une structure en forme d'arc qui semble être une onde. Celle-ci s'est avérée stable pendant 4 jours et est localisée au niveau du terminateur côté matin. Étonnant : la structure semble fixe en longitude et non en heure locale… Inédit et donc très intéressant !

Bonne nouvelle par ailleurs : Akatsuki pourrait fonctionner pendant encore cinq ans si tout se passe comme prévu !

La conférence a aussi été pour moi l'occasion de découvrir de très belles observations de Vénus par des amateurs, y compris en IR côté nuit. Certains parviennent même à détecter des structures à la surface de Vénus en émission thermique ! Pas mal pour des astronomes non-professionnels ! (voir en particulier ici)
Et j'ai pu ainsi découvrir d'autres amateurs ayant testé des mesures polarimétriques (je vous en reparlerai) !

Il y encore bien des choses à dire, aussi je vous laisse avec le storify de cette très chouette conférence !


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Scienca vojaĝo en Danujo

Dum la monato de Junio 2017, mi estis en Danujo por viziti Kopenhagon.

La urbo estas tre agrabla (ĉefe por biciklistoj) kun varma etoso kaj belegaj lokoj : mi ege rekomendas ĝin. Atentu tamen ke la prezoj estas pli altaj ol tiuj en Francujo aŭ Nederlando.

Kvankam mi estis tie por turismo, mi restas sciencisto kaj mi ne povis rezisti viziti sciencajn lokojn en la urbo kaj objektojn en muzeojn. Ekzemple, kiam estas vizitebla observejo en la urbo kiun vi vizitas, mi provas iri.

En la centro de Kopenhago troviĝas malnova turo (la Ronda Turo) supre de kiu estas observejo kiu estas ankoraŭ uzata per neprofesiaj observantoj. Kelkaj metroj fore, mi hazarde trovis domon kie loĝis Ole Rømer.
Rømer (1644-1710) estis dana astronomo kiu estas fama por sia studado de la rapido de la lumo kaj ties mezuro.






Rømer ankaŭ laboris en la Pariza observejo kaj elpensis "planedilon" (maŝino por vidi kaj kalkuli la poziciojn de la planedoj ĉirkaŭ la Suno, oni kelkfoje diras ankaŭ planetario) kiu…

En Aŭstrio por scienca kongreso

La Eŭropa Geosciencoj Unio (EGU) okazigas ĉiu jaro sian ĝeneralan kunvenon en Vieno, Aŭstrio.

La EGU interesiĝas pri la sciencoj de la Tero (akvoscienco, geologio, atmosfero-scienco, klimatoscienco, vulkanoscienco, ktp.) sed ankaŭ pri planedo kaj sunsistemo sciencoj (tio inkludas planedoj, iliaj lunoj, asteroidoj, kaj la interagoj inter la Tero kaj la Suno). La unio estas dividita en sekcioj: estas sekcio pri planedoscienco (PS), Sun-Tero interagoj (ST), atmosferoscienco (AS), ktp.


La ĝenerala kunveno estas oportuno por sciencistoj prezenti sian laboron kaj eki kunlaboradojn. Sciencistoj povas prezenti dum 12-minutoj prelego aŭ dum afiŝsesio. Estas debato pri kiu sorto de prezento estas la plej taŭga. Mi dirus ke la prelegoj estas utilaj se vi volas koniĝi de aliaj sciencistoj, sed afiŝsesioj pli taŭgas se vi volas havi pli longan diskuton pri via laboro.


Mia persona sperto pri afiŝsesio estas bonega : mia nuna posteno, mi havis dank'al diskuto kun sciencistino (mia nuna ĉefino) d…

La neloĝebla enloĝebla zono

Antaŭparolo : tiun artikolon mi verkis espereble kun ne tro alta scienca nivelo, sed se vi bezonas klarigojn, bonvolu demandi en la komentejo. Kaj kompreneble, lingvajn erarojn vi ankaŭ povas mencii en la komentejo.

Planedoscienco estas kreskanta fako kun multaj novaj misioj kaj novaj landoj partoprenante al la esplorado de la sunsistemo (ekz. Ĉinujo kaj Barato).
Sed la kresko de tiu fako ŝuldas al ekstersunsistemaj planedoj (mallonge eksterplanedoj). Ekde la malkovro de la planedo 51 Peg b en 1995, la studado de eksterplanedoj, unue pure rilata al astroscienco, iĝis parto de planedoscienco kiam la studado de la atmosferoj kaj do de la klimatoj de tiaj planedoj ebliĝis.

Rapide, la malkovro de pli kaj pli da planedoj, pli kaj pli malgrandaj, dank‘ al la progresoj de la mezuriloj, ebligis esperon trovi planedojn similajn al la Tero kaj, ŝance, havantaj vivon.

La enloĝebla zono
Tiu necesigis la enkonduko de manieroj difini kio farigas planedon kapablan enhavi vivon. Tiel aperis la kon…